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Lauréate de la catégorie Arts visuels du Cameroonian Cultural Network (CCN) 2026, Marie-Francine Dongmo a ouvert samedi 19 septembre à Yaoundé la tournée nationale qui accompagne sa distinction. Son exposition Mémoire matricielle : Archives invisibles du vivant est présentée à Abali Gallery jusqu’au 10 octobre.

À Yaoundé, la première étape de cette tournée a pris la forme d’un vernissage. Les œuvres de Marie-Francine Dongmo ont été présentées au public dans une exposition organisée par le Cameroonian Cultural Network, Abali Gallery et le Centre International pour le Patrimoine Culturel et Artistique (CIPCA). L’exposition est accessible du mardi au samedi, de 9h à 18h.

Cette tournée constitue l’une des dimensions du dispositif CCN : sélectionner des artistes dans différentes disciplines puis faire circuler leurs créations à travers des espaces culturels du pays. Le réseau avait déjà organisé en 2025 une tournée réunissant dix artistes ou groupes dans neuf villes camerounaises. Le bilan présenté en fin d’édition faisait état de près de 4 000 spectateurs.

Pour l’édition 2026, Marie-Francine Dongmo porte donc la proposition consacrée aux arts visuels. Sa sélection intervient après plusieurs années de pratique et d’expositions sur la scène artistique camerounaise et internationale.

Qui est Marie Francine Dongmo ?

Née à Fongo-Tongo, dans la région de l’Ouest, Marie-Francine Dongmo entre en 2010 à l’Institut des Beaux-Arts de Foumban, alors qu’elle poursuit initialement une formation en géographie à l’Université de Dschang. Elle obtient ensuite un Master professionnel en arts visuels. Elle fait partie des premières promotions de l’Institut.

Après sa formation, elle poursuit son apprentissage dans les ateliers de plusieurs artistes camerounais, notamment Pascal Kenfack, Barthélémy Toguo et Hervé Youmbi. Cette période contribue notamment à sa maîtrise de la peinture acrylique sur toile.

Son travail s’intéresse à la condition humaine, à la psychologie et aux réalités sociales. Dans certaines séries, elle représente des enfants, des armes, des fleurs ou encore des silhouettes. Ces éléments lui permettent notamment d’aborder les effets de la violence, des conflits et de la déshumanisation sur les individus.

La jeunesse occupe également une place importante dans son travail. En 2022, une présentation de sa démarche relevait son intérêt pour les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes Camerounais, notamment le chômage, la vie chère et les conduites à risque.

Marie-Francine Dongmo s’est progressivement fait connaître à travers plusieurs expositions. Son parcours comprend notamment Dialogue(s) et Woman Power à Bandjoun Station, The Last Picture Show à Lagos, ainsi que sa participation à ART2020 à Doual’art.

En 2020, elle figure parmi les lauréats du concours Art 2020 lancé par Doual’art autour du thème « Patrimoine contemporain ». Elle y présente Le cinquième pouvoir, une sculpture inspirée de l’univers du moto-taxi et de la « moto-machette ». Elle est également sélectionnée pour le projet Jeunes Regards Urbains 3.

Ses œuvres ont aussi été présentées au Musée National de Kinshasa et à la Fabien Castanier Gallery. En 2025, elle présente au CIPCA sa première exposition personnelle, Mémoire matricielle.

C’est autour de cette recherche que s’inscrit l’exposition actuellement présentée à Abali Gallery.Avec Mémoire matricielle : Archives invisibles du vivant, Marie-Francine Dongmo poursuit son travail sur la mémoire et la transmission. Le projet s’intéresse à ce qui se transmet à travers les corps, les expériences, les héritages et les générations.

Le choix de Yaoundé pour lancer la tournée permet d’abord au public de découvrir cette nouvelle proposition dans un espace consacré à l’art contemporain. L’exposition restera visible à Abali Gallery jusqu’au 10 octobre.

Pour l’artiste, cette première étape a aussi été une rencontre avec le public. Au lendemain du vernissage, elle évoquait des « regards attentifs », des échanges et des émotions, en remerciant les visiteurs venus découvrir son travail.

Après Yaoundé, cette exposition doit poursuivre sa circulation dans le cadre de la tournée nationale du CCN 2026. Pour Marie-Francine Dongmo, le CCN ajoute ainsi une nouvelle étape à un parcours commencé dans les salles de l’Institut des Beaux-Arts de Foumban et poursuivi depuis plus d’une décennie entre créations, expositions, collaborations et distinctions.

Danielle Douanla

Publié le : 23/09/2026 à 18h00

Categories: Culture

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