L’ancienne vice-présidente libérienne Jewel Howard-Taylor, 63 ans, a été libérée samedi 5 septembre 2026 et placée en résidence surveillée à son domicile, pour des raisons humanitaires, a annoncé son avocat.
L’arrestation de Jewel Howard-Taylor remonte au mois d’août 2026. Alors qu’elle se rendait à l’aéroport international Roberts pour quitter le pays, elle a été interceptée par des agents de sécurité qui l’ont conduite au quartier général de la police nationale libérienne pour interrogatoire. Des images diffusées sur les réseaux sociaux l’ont montrée demandant à pouvoir rentrer chez elle pour contacter son avocat avant de suivre les policiers, une requête qui lui a été refusée.
Elle a ensuite été formellement inculpée dans le cadre d’une enquête sur un réseau transnational de trafic de stupéfiants, en lien avec la saisie record de plusieurs tonnes de cocaïne évaluée à environ 317 millions de dollars, la plus importante affaire de ce type dans l’histoire du pays. Les chefs d’accusation retenus contre elle portent sur l’importation non autorisée, la vente et la distribution illicites, ainsi que le trafic de drogue, huit chefs au total. Trois autres personnes, deux Croates et un Ukrainien, ont été inculpées par contumace dans le même dossier.
Ancienne épouse du chef de guerre et ex-président Charles Taylor, aujourd’hui incarcéré au Royaume-Uni pour crimes de guerre, il est important de noter que Jewel Howard-Taylor a occupé la vice-présidence du Libéria de 2018 à 2024 sous George Weah, après avoir siégé au Sénat pendant douze ans. Elle est aujourd’hui membre d’un parti d’opposition, le Congress for Democratic Change (CDC).
Une défense qui a multiplié les démarches
Dès son incarcération, ses avocats ont demandé qu’elle ne soit pas placée en détention provisoire, évoquant son asthme. La justice avait alors rejeté cette requête, estimant que seul le procureur général pouvait accorder une mesure de clémence.
La défense a ensuite tenté d’obtenir son transfert vers une structure médicale ou une assignation à résidence, mettant en avant son âge, ses antécédents médicaux et une hospitalisation pour hypertension artérielle sévère. Le tribunal municipal de Monrovia avait rejeté cette demande début septembre, jugeant l’état de santé de l’accusée suffisamment stable pour justifier son maintien en détention.
Les avocats ont également sollicité un report de sa comparution pour audition préliminaire, invoquant son incapacité à se présenter pour raisons de santé et la nécessité de consulter un médecin familier de son dossier médical.
C’est finalement sur la base de motifs humanitaires que sa libération a été obtenue, assortie de conditions strictes : remise de l’ensemble de ses documents de voyage à la justice, et interdiction de quitter son domicile sauf autorisation judiciaire ou nécessité médicale. L’affaire reste pendante, dans un contexte de vaste opération de lutte contre le narcotrafic menée par les autorités libériennes, l’Afrique de l’Ouest servant de point de transit pour la cocaïne produite en Amérique latine à destination de l’Europe.
Amira Ngoussa
Publié le : 12/09/2026 à 08h30