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Angélique Kidjo est devenue la première artiste noire africaine à recevoir une étoile sur le Hollywood Walk of Fame ce 18 août 2026.

 

Au 7011 Hollywood Boulevard, son nom est désormais gravé dans la catégorie « Recording ». Elle devient la 2 854e personnalité à recevoir une étoile sur ce boulevard mythique. La cérémonie s’est déroulée en présence notamment de l’acteur Willem Dafoe et de Harvey Mason Jr., président-directeur général de la Recording Academy. Le 18 août a également été proclamé « Angélique Kidjo Day » à Hollywood.

Derrière cette reconnaissance internationale se trouve une histoire qui commence bien loin des studios californiens, dans une famille de Ouidah où la musique et le spectacle occupaient déjà une place centrale.

D’où vient Angélique Kidjo ?

Avant Hollywood, il y a Ouidah. Angélique Kpasseloko Hinto Hounsinou Kandjo Manta Zogbin Kidjo naît le 14 juillet 1960 au Bénin, alors Dahomey, dans une famille où la musique et le spectacle occupent déjà une place importante. Son père est musicien et sa mère, Yvonne Kidjo, est comédienne, chorégraphe et directrice d’une troupe de théâtre. À six ans, Angélique monte sur scène avec cette troupe et découvre les rythmes et les danses traditionnels de son pays. Son univers musical s’élargit rapidement avec Miriam Makeba, Bella Bellow, James Brown, Aretha Franklin, Fela Kuti, Manu Dibango ou encore Carlos Santana. Cette enfance contribue à façonner une artiste qui, plus tard, refusera de choisir entre ses racines africaines et les influences venues d’ailleurs.

Adolescente, elle chante avec le groupe Les Sphinx et se fait remarquer après avoir enregistré une adaptation d’un titre de Miriam Makeba pour la radio béninoise. À 13 ans, elle écrit sa première chanson après la mort de Bella Bellow. Deux ans plus tard, l’apartheid lui fait prendre conscience du pouvoir politique de la musique. Après avoir entendu Miriam Makeba évoquer le système ségrégationniste sud-africain, elle écrit un texte particulièrement virulent que son père lui demande de réécrire. L’épisode marque son rapport à la création : la musique peut exprimer une colère et dénoncer une injustice, mais elle peut aussi transformer cette colère en force et en message.

Pretty, puis Paris : les premiers pas d’une carrière internationale

À 20 ans, Angélique Kidjo enregistre Pretty, son premier album, avec son frère Oscar et le musicien camerounais Ekambi Brillant. Sorti en 1981, le disque connaît un succès en Afrique de l’Ouest et lui permet de commencer à se produire au-delà du Bénin. Mais sa carrière naissante se heurte au contexte politique de son pays. Face aux pressions exercées sur les artistes pour soutenir le régime, elle choisit de partir et s’installe à Paris en 1983. Ce départ marque une nouvelle étape : loin du Bénin, elle doit reconstruire sa carrière tout en poursuivant sa formation musicale.

Dans la capitale française, elle travaille, étudie le jazz au Centre d’informations musicales et chante comme choriste avant de rejoindre Pili Pili, le groupe du pianiste néerlandais Jasper van’t Hof. En 1989, elle sort Parakou, son premier album solo en Europe, puis attire progressivement l’attention de la scène internationale. La rencontre avec Chris Blackwell, fondateur d’Island Records, lui ouvre ensuite les portes du label Mango. En 1991 paraît Logozo, porté notamment par « Batonga », avant Ayé en 1994 et « Agolo », qui lui vaut une première nomination aux Grammy Awards. En quelques années, la chanteuse béninoise passe ainsi des scènes africaines aux circuits internationaux.

Une carrière engagée et jalonnée de distinctions

Chez Angélique Kidjo, l’engagement n’apparaît pas après le succès : il accompagne son parcours dès ses premières années. Son opposition aux pressions politiques au Bénin, son admiration pour Miriam Makeba et son intérêt précoce pour les injustices sociales nourrissent une conception de la musique comme espace de liberté. Cette dimension devient ensuite plus structurée lorsqu’elle est nommée ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF en 2002. Elle s’engage notamment pour les droits des enfants, l’éducation des filles et la lutte contre certaines formes de discrimination.

En 2006, elle crée la Fondation Batonga, consacrée à l’éducation et à l’autonomisation des jeunes filles africaines. Son combat s’inscrit dans une expérience personnelle : elle a grandi en observant les obstacles qui pouvaient empêcher certaines filles de poursuivre leur scolarité. Son engagement s’étend également à la défense des droits humains, au climat et à l’entrepreneuriat féminin. Sa musique devient alors un prolongement de ses prises de position, comme lorsqu’elle

participe à des campagnes de sensibilisation contre le mariage des enfants ou utilise sa voix pour porter des messages liés aux droits des filles et à la protection de l’enfance.

La reconnaissance accompagne progressivement cette trajectoire. Angélique Kidjo compte aujourd’hui cinq Grammy Awards, remportés notamment pour Djin Djin, Eve, Sings, Celia et Mother Nature. À ces récompenses musicales s’ajoutent le Crystal Award du Forum économique mondial, l’Ambassador of Conscience Award d’Amnesty International en 2016, son entrée dans le TIME100 des personnalités les plus influentes en 2021 et le Polar Music Prize reçu en 2023.

Danielle Douanla (Stagiaire)

Publié le : 21/08/2026 à 15h50

Categories: Culture Non classé

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