Le quotidien britannique The Guardian remet en lumière, dans une publication du 22 septembre 2026, les inégalités de prise en charge entre les femmes et les hommes dans le système de santé britannique. Le journal rappelle, à travers une étude financée par la British Heart Foundation, que plus de 8 000 femmes décédées après un infarctus auraient pu être sauvées si elles avaient bénéficié d’une prise en charge comparable à celle des hommes.
Une estimation issue d’une étude publiée en 2018, mais qui continue d’alimenter les alertes sur les disparités de santé entre les sexes. L’étude, menée par des chercheurs de l’Université de Leeds, s’appuie sur les données de 691 290 personnes hospitalisées pour un infarctus en Angleterre et au pays de Galles entre 2003 et 2013. Les chercheurs estiment que 8 243 décès de femmes auraient pu être évités si ces patientes avaient reçu le même niveau de soins que les hommes.
Les différences apparaissent avant même le traitement. Selon des travaux financés par la British Heart Foundation, les femmes sont 50 % plus susceptibles que les hommes de recevoir un mauvais diagnostic initial lorsqu’elles font un infarctus.
Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Leeds a notamment montré que les femmes victimes d’un infarctus avec élévation du segment ST (STEMI) étaient 59 % plus susceptibles de recevoir un mauvais diagnostic initial que les hommes. Pour les infarctus sans élévation du segment ST (NSTEMI), l’écart atteignait 41 %.
Ces erreurs de diagnostic peuvent retarder l’accès aux examens et aux traitements nécessaires. Les données étudiées montrent également qu’un mauvais diagnostic initial est associé à un risque de décès plus élevé dans les 30 jours suivant l’infarctus.
Les différences ne s’arrêtent pas au diagnostic. La prise en charge après l’hospitalisation présente également des écarts. Les femmes victimes d’un NSTEMI étaient notamment 34 % moins susceptibles que les hommes de bénéficier d’une angiographie coronaire dans les 72 heures suivant leurs premiers symptômes. Cet examen permet d’observer les artères coronaires et d’identifier d’éventuelles obstructions.
Les écarts concernent aussi certains traitements destinés à prévenir une nouvelle complication cardiovasculaire. La British Heart Foundation indique que les femmes ayant déjà subi un infarctus sont moins susceptibles de recevoir certains traitements préventifs, notamment des statines et des bêtabloquants.
Pour elle, les différences de prise en charge ne peuvent pas être expliquées uniquement par les particularités biologiques entre les femmes et les hommes. A côté, la perception de l’infarctus comme une maladie principalement masculine peut également peser sur son identification chez les femmes. Or, pl1us le diagnostic tarde, plus l’accès aux soins adaptés peut être retardé.
Au Royaume-Uni, la British Heart Foundation estime que 35 000 femmes sont hospitalisées chaque année après un infarctus, soit près d’une centaine par jour.
Danielle Douanla
Publié le : 26/09/2026 à 8h04