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Ce 18 septembre marque la Journée internationale de l’égalité de rémunération. Une journée consacrée au principe d’un salaire égal pour un travail de valeur égale, alors que les écarts entre les femmes et les hommes restent une réalité dans de nombreux pays.

À l’échelle mondiale, les femmes salariées gagnent en moyenne 78 centimes pour chaque dollar gagné par les hommes. En Afrique, le constat est encore plus marqué lorsqu’on considère l’ensemble des revenus du travail : en 2025, les femmes ont perçu collectivement 35 centimes pour chaque dollar perçu par les hommes, selon l’Organisation internationale du Travail. Ce ratio ne mesure pas uniquement les différences de salaire. Il tient aussi compte du fait que les femmes sont moins nombreuses à occuper un emploi rémunéré et qu’elles sont davantage présentes dans certains secteurs et emplois moins rémunérés.

À cela s’ajoutent le poids du travail domestique et des soins non rémunérés, la concentration des femmes dans le secteur informel, les difficultés d’accès à certains postes de responsabilité et les discriminations qui peuvent intervenir dans le recrutement, la rémunération ou les promotions. L’ONU souligne également que les femmes consacrent davantage de temps au travail domestique et aux soins, un facteur qui peut limiter leur accès et leur progression sur le marché du travail.

Pourtant, l’égalité de rémunération est déjà consacrée par le droit international. La Convention n°100 de l’OIT sur l’égalité de rémunération, adoptée en 1951, établit le principe d’une rémunération égale entre les femmes et les hommes pour un travail de valeur égale. Le Cameroun a ratifié cette convention en 1970.

Au niveau national, le Code du travail camerounais prévoit également, dans son article 61, l’égalité de salaire entre les travailleurs sans distinction notamment de sexe, lorsque les conditions de travail et l’aptitude professionnelle sont égales. Mais l’OIT estime que cette formulation reste plus restrictive que le principe international du « travail de valeur égale », qui permet de comparer des emplois différents mais ayant une valeur comparable.

Et les chiffres disponibles au Cameroun montrent que l’écart reste concret. Selon l’Institut national de la statistique, le salaire horaire moyen était de 672,4 FCFA pour les hommes contre 496,4 FCFA pour les femmes, soit un écart moyen de 176 FCFA. L’INS indique que les femmes sont généralement moins rémunérées que les hommes, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle ou la tranche d’âge. Ces données proviennent de EESI 3 (Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel, troisième édition) réalisée en 2021.

Au Cameroun, ces données montrent que, malgré l’existence d’un cadre juridique en faveur de l’égalité de rémunération, des écarts persistent encore entre les revenus des femmes et ceux des hommes.

Danielle Douanla 

Publié le : 23/09/2026 à 14h40

Categories: Société

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